Les manœuvres de la députée Bérengère Poletti contre le Collectif Sages-femmes de demain

En réaction au courrier que je vous ai adressé ce mardi 10 mai 2011 au nom du Collectif Sages-femmes de demain pour vous dire notre ferme opposition à un amendement visant à  «étendre aux sages-femmes la pratique des interruptions volontaires de grossesses par voie médicamenteuse», Madame Bérengère Poletti a fait circuler un message qui remet en cause l’existence de notre Collectif et l’amalgame avec d’autres mouvements étrangers à notre profession. De plus, elle dit n’avoir jamais rencontré de sages-femmes de notre Collectif.

En réalité, nous avons été en contact avec elle par courrier en février 2009 au moment de l’examen de la loi HPST lorsqu’elle a déposé un amendement similaire. Vous trouverez, ci-joint, la lettre qu’elle m’avait adressée alors pour signifier qu’elle retirait cet amendement reconnaissant que ni le Conseil de l’Ordre, ni les syndicats n’étaient demandeurs de cette disposition. J’ai rencontré par la suite, Madame Keller, présidente du Conseil de l’Ordre, pour lui redire notre opposition à cette mesure.

Je rappelle que la prescription de l’IVG reste incompatible avec les spécificités de notre métier d’accompagnement de la naissance : c’est la raison pour laquelle, au nom de notre Collectif qui regroupe 2079 sages-femmes, je vous demande de vous opposer à cette disposition qui est introduite sans aucune concertation.

Nous exprimons notre indignation d’être ainsi maltraitées et désignées par une représentante de la nation qui, à nos yeux, instrumentalise notre profession.

Le Collectif Sages-femmes de demain compte sur vous pour rétablir la vérité et garantir la protection de notre métier contre cette mesure qui le dénature lors de l’examen de la proposition de loi, le 18 mai prochain.

Rappel de notre position
Avec 830 000 naissances par an, la France manque déjà de sages-femmes. Ce n’est pas leur rôle d’administrer l’IVG médicamenteuse, qui est du strict ressort des médecins. Nous refusons qu’on fasse porter à notre profession un acte qui n’entre pas dans sa nature. Aussi sommes-nous particulièrement choquées d’imaginer qu’on puisse – pour des raisons d’organisation du système de santé ou de facturation des actes médicaux – dénaturer notre pratique professionnelle, alors que les filières de recrutement du métier de sage-femme sont fragiles.

Communiqué de presse du 13 mai 2011