PPL Fourcade hôpital : Controverse sur la prescription de l’IVG par les sages-femmes

A la veille de la discussion par les députés de la proposition de loi apportant des modifications à la loi Hôpital, patients, santé et territoires, le Collectif Sages-femmes de demain dénonce les manœuvres de Bérengère Poletti. La députée a déposé un amendement qui entend « étendre aux sages-femmes la pratique des interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse » en commençant par « une expérimentation menée dans une région française connaissant un taux important de recours à l’interruption volontaire de grossesse et des difficultés pour organiser leur prise en charge. » (article additionnel après l’art. 17bis de la proposition de loi). Or, Madame Poletti tente aujourd’hui de faire taire les sages-femmes qui s’opposent la prescription de l’IVG. (Voir le message que le Collectif lui a adressé à la fin de ce communiqué).

Pour Olivia Déchelette, porte-parole du Collectif Sage-femme de demain : «Notre mission est d’aider les femmes en assurant la préparation, l’accompagnement et le suivi des naissances. Nous nous battons toutes aujourd’hui pour des maternités toujours plus sures, mais aussi plus naturelles. Or, la France manque déjà de sages-femmes pour assurer le bon accueil des 830.000 naissances annuelles. Il est inadmissible qu’un bouleversement législatif sans débat menace aujourd’hui notre métier. Pourquoi vouloir nous faire prescrire et administrer l’IVG médicamenteuse, qui est du strict ressort des médecins ? »

Le Collectif Sages-femmes de demain demande que la profession soit protégée de toute récupération des tâches jugées ingrates voire dévalorisantes par les médecins.

Le récent événement de Lille jette le trouble sur la profession : une jeune sage-femme stagiaire semble avoir été entraînée à poser un acte qui ne relève pas de sa compétence, avec un résultat (un avortement involontaire provoqué) qui endeuille une patiente. Le Collectif Sages-femmes de demain refuse qu’on fasse porter aux sages-femmes un acte qui n’entre pas dans l’essence de leur profession.

Publié le 17 mai 2011