Toutes nos attentes étaient comblées

« Lors de la naissance de notre second enfant, une césarienne s’imposa en urgence, sous anesthésie générale.J’avais juste le temps de « briffer » la sage femme qui s’occupait de moi pour lui dire tout ce que je souhaitais pour que mon bébé se sente vraiment accueilli à la naissance, malgré mon absence. Elle me promit de faire tout ce que j’attendais et se montrait vraiment rassurante et souriante, malgré le caractère d’urgence de la situation médicale à laquelle elle était confrontée et l’échec de l’accouchement en douceur qu’elle souhaitait m’aider à vivre.

En salle de réveil, j’apprenais que des complications médicales me conduisaient en réanimation pour une période de 24 heures. J’eus alors la surprise de voir arriver mon bébé dans les bras de son papa, accompagné de la sage femme qui avouait avoir fait tout son possible pour permettre cette rencontre de quelques secondes car il n’était pas d’usage de pénétrer en salle de réveil ; j’apprenais que le bébé tous juste né avait été mis en « peau à peau » avec son papa, tout heureux de cette expérience inattendue, et que les soins minimums lui avaient ensuite été donnés ; tout ce que j’avais demandé !…
En soirée, alors que ma sage femme avait quitté le service et qu’une nouvelle équipe prenait le travail, on m’apporta une photo polaroïd du bébé au servie réanimation; toute la nuit –dans ce service ou il est difficile de distinguer la nuit du jour car l’activité est intense –je pouvais contempler ce petit être tout joufflu vêtu de son pyjama et de son bonnet, lui, en pleine santé. Ce cliché avait traversé tout l’hôpital, car la « réa » était à l’opposé de la maternité.

A l’aube, la sage femme de nuit venait m’y trouver avant de quitter l’hôpital pour me donner de bonnes nouvelles du bébé, me dire que l’équipe s’était bien amusée en le photographiant et qu’elle même avait fait son possible pour s’en occuper malgré les impératifs du service ; j’imaginais sa première nuit loin de moi dans une joyeuse et affectueuse ambiance, après les minutes d’angoisse qui avaient précédé sa naissance.

Surtout, la sage-femme me confiait que sa collègue de la veille avait eu une journée très éprouvante, notamment de mon fait. Je comprenais alors que celle-ci avait pris sur elle jusqu’au bout pour que la joie de la naissance ne soit pas gâchée pour notre famille.

On était bien au delà des simples soins médicaux que l’on est en droit d’attendre à l’hôpital public et toutes nos attentes au plan humain étaient comblées.

De quoi vite retrouver un très bon moral, qui a quelque peu déconcerté les personnes qui venaient me rendre visite ou me téléphonaient avec un ton d’enterrement ! »

Hélène

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